Crise iranienne : comment les prix des carburants ont évolué en Italie (2026)

Le diesel italien a franchi les 2,00 € le litre moins d'une semaine après le début de la guerre en Iran – et n'est jamais redescendu. Entre le 5 mars et le 4 avril 2026, le Gasolio est passé de 1,826 à 2,106 €/L – une hausse de 15,3 % sur plus de 21 000 stations du réseau Fuelconomy. La Benzina, en revanche, n'a quasiment pas bougé : +2,3 % sur la même période, à 1,774 €/L. Cet écart – le plus large entre diesel et essence de tous les pays suivis par Fuelconomy – raconte une histoire d'intervention publique, de chaînes d'approvisionnement mondiales et de qui paie vraiment quand le pétrole flambe.

Les chiffres clés des 30 premiers jours

À propos des données

Cette analyse repose sur le jeu de données historique de Fuelconomy couvrant plus de 21 000 stations italiennes du 5 mars au 4 avril 2026. Les moyennes, minimums et maximums nationaux quotidiens sont calculés à partir des flux de prix officiels du MIMIT (Ministero delle Imprese e del Made in Italy). Les données par ville couvrent 155 villes italiennes disposant de 20 stations déclarantes ou plus. Tous les chiffres de cet article sont des valeurs historiques mesurées sur la période du snapshot. Les prix actuels affichés en fin d'article se mettent à jour automatiquement.

La flambée du diesel : deux semaines pour franchir les 2,00 €

Le Gasolio a démarré le 5 mars à une moyenne nationale de 1,826 €/L. Dès le 11 mars – six jours plus tard – il avait déjà franchi le seuil des 2,00 €, atteignant 2,022 €. Le prix a continué de grimper jusqu'à mi-mars, culminant à 2,133 € le 20 mars. Soit une hausse de 16,8 % en à peine deux semaines, portée par un Brent dépassant les 100 $/baril après que les perturbations dans le détroit d'Ormuz ont amputé environ 20 % du transit pétrolier mondial.

Le gouvernement italien est intervenu le 19 mars avec le décret-loi n° 33, réduisant les accises de 0,25 €/L sur le diesel et l'essence. L'effet sur le diesel a été immédiat : les prix sont tombés de 2,133 € le 20 mars à 1,981 € le 22 mars – une correction de 0,15 € en un jour. Mais le répit a été de courte durée. Dès le 26 mars, le diesel avait déjà remonté au-dessus de 2,05 €, et il a continué de grimper jusqu'à la fin de la période, clôturant à 2,106 € le 4 avril.

Le constat est limpide : le gouvernement a rogné environ 0,15 € sur le pic, mais la hausse du brut a été assez rapide pour effacer le bénéfice en une semaine.

Pourquoi l'essence n'a quasiment pas bougé

La Benzina raconte une tout autre histoire. Elle a culminé à 1,895 € le 20 mars – une hausse de 9,3 % par rapport au début – puis a chuté brutalement à 1,728 € le 22 mars, le lendemain de l'entrée en vigueur de la baisse des accises. Contrairement au diesel, l'essence est restée basse. Elle a oscillé entre 1,73 et 1,77 € pour le reste de la période, terminant à 1,774 € le 4 avril.

Le bilan net : l'essence n'a augmenté que de 0,04 €/L en 30 jours. Sur un plein de 50 L, cela représente 2,00 € de plus. Les conducteurs diesel, eux, paient 14,00 € de plus par plein.

Pourquoi cet écart ? Le diesel est une matière première échangée mondialement, avec des marges de raffinage plus serrées et une exposition directe aux perturbations d'Ormuz. Le raffinage de l'essence offre davantage de flexibilité régionale, et la baisse des accises italiennes a été proportionnellement plus efficace sur un prix de base plus bas. Résultat : l'intervention gouvernementale a effectivement neutralisé la hausse de l'essence, mais à peine entamé celle du diesel.

La baisse des accises à la loupe

Le décret d'urgence italien mérite un examen attentif. La réduction de 0,25 €/L des accises est entrée en vigueur le 19 mars, initialement pour 20 jours (expiration le 7 avril), pour un coût de 417,4 millions d'euros pour le Trésor. Le paquet comprenait aussi un crédit d'impôt de 28 % sur le diesel pour les transporteurs routiers et 10 millions d'euros pour le secteur de la pêche, portant le total à 527,4 millions d'euros.

Les données montrent l'intervention en temps réel :

Pour l'essence, la baisse a fonctionné. La Benzina a chuté de 0,17 € du jour au lendemain et s'est stabilisée environ 0,10 € en dessous des niveaux d'avant-crise. Pour le diesel, la baisse a offert une semaine de répit avant que les prix du brut ne la submergent. Au cours de la dernière semaine de la période, le gouvernement avait déjà prolongé la mesure jusqu'au 1er mai, pour un coût supplémentaire d'environ 500 millions d'euros.

Quelles villes ont été les plus touchées ?

Le sud de l'Italie – en particulier la Campanie et la Sicile – a subi les hausses les plus fortes. Parmi les villes disposant de 20 stations déclarantes ou plus, le Gasolio a augmenté le plus vite dans ces zones :

Les villes siciliennes de Catania et Siracusa se distinguent : de vastes réseaux de stations, toutes deux au-dessus de +17 %, et toutes deux au-dessus de 2,09 €/L en fin de période. Le groupe campanien (Pagani, Mascalucia) reflète la forte dépendance de la région au transport routier de marchandises – quand le diesel flambe, ces zones sont les premières à en pâtir.

Les villes les plus chères et les moins chères

Même après prise en compte de la baisse des accises, le diesel dans chaque ville italienne disposant de 20 stations ou plus a terminé la période au-dessus de 2,00 €/L. C'est une première dans les données de Fuelconomy – le pays entier se trouve désormais en territoire « diesel cher ».

Les plus chères (Gasolio, 4 avril) :

Les moins chères (Gasolio, 4 avril) :

L'écart entre la ville la moins chère et la plus chère n'est que de 0,158 €/L – comprimé par rapport aux conditions normales. En période de crise, les prix convergent à la hausse. Il y a moins de bonnes affaires à trouver, et les économies réalisées en comparant s'amenuisent.

Comparaison des grandes villes

Pour les conducteurs des principales métropoles d'Italie, voici comment diesel et essence ont terminé la période de 30 jours :

Milan est la grande ville la plus chère pour le diesel à 2,148 €, tandis que Catania a enregistré la plus forte hausse à +17,2 %. La colonne essence est remarquablement uniforme – chaque grande ville se situe entre 1,76 et 1,81 €, avec des augmentations plafonnées entre 1,7 % et 2,7 %.

Variantes de diesel premium : qui paie plus ?

L'Italie possède l'un des marchés de carburants les plus fragmentés d'Europe, avec 25 types distincts suivis dans notre jeu de données. Lors d'un choc de prix, les variantes premium ne réagissent pas toutes de la même façon :

Blue Diesel et HVOlution ont mieux absorbé le choc (+9,9 % et +10,7 %), probablement parce que leur tarification inclut une marge fixe plus importante qui ne suit pas linéairement les coûts du brut. Supreme Diesel et Excellium Diesel ont suivi le diesel standard de près, n'offrant aucune protection contre la hausse. Si vous payez un supplément pour un « meilleur diesel » en période de crise, les données suggèrent que le Blue Diesel ou le HVOlution vous protège au moins partiellement de la répercussion intégrale des cours du brut.

GPL : le carburant anti-crise ?

Le GPL (LPG) mérite sa propre section. Il a démarré la période à 0,695 €/L et terminé à 0,749 €/L – une hausse de 7,8 % qui le maintient bien en dessous de 1,00 €. Pour les quelque 4 500 stations équipées de pompes GPL en Italie, le coût d'un plein de 50 L est passé de 34,75 à 37,45 € – soit une augmentation de seulement 2,70 €.

À comparer avec le diesel : 14,00 € de plus par plein. Un conducteur passant du Gasolio au GPL économiserait environ 67 € par plein de 50 L aux prix du snapshot – sachant que les véhicules GPL consomment environ 15 à 20 % de carburant en plus au kilomètre, l'économie nette se rapproche plutôt de 50 € à distance équivalente.

Le Metano (CNG) a connu un mois plus difficile : +10,3 %, de 1,420 à 1,566 €/L. Toujours moins cher que le diesel au litre, mais l'avantage s'est réduit pendant la crise.

Ce que la baisse des accises coûte à l'Italie

La pression fiscale italienne sur les carburants est parmi les plus élevées d'Europe. Avant la crise, environ 62 % du prix de l'essence et 58 % du prix du diesel étaient constitués de taxes. La réduction de 0,25 €/L des accises a coûté au Trésor 417,4 millions d'euros pour la période initiale de 20 jours, et le gouvernement l'a depuis prolongée jusqu'au 1er mai, pour un coût supplémentaire estimé à environ 500 millions d'euros. Le ministre des Finances Giancarlo Giorgetti a publiquement averti que si la guerre se poursuit, l'essence pourrait atteindre 3 €/L, et que l'Italie n'a plus guère de marge de manœuvre budgétaire pour de nouvelles baisses.

Le 4 avril – dernier jour de notre période d'observation – le ministre des Finances italien a rejoint ses homologues d'Allemagne, d'Espagne, du Portugal et d'Autriche pour exiger que l'UE instaure une taxe sur les superprofits des entreprises énergétiques, arguant que les baisses d'accises nationales ne peuvent à elles seules absorber la crise.

Coût pour les automobilistes italiens (diesel, par mois) : Un automobiliste faisant le plein deux fois par semaine avec un réservoir de 50 L paie désormais environ 112 €/mois de plus qu'avant la crise. Cela représente approximativement 1 340 € sur une année complète si les prix restent aux niveaux actuels.

FAQ

De combien le diesel a-t-il augmenté en Italie à cause de la guerre en Iran ?

Entre le 5 mars et le 4 avril 2026, le Gasolio est passé de 1,826 à 2,106 €/L – soit une hausse de 15,3 %. D'après les données Fuelconomy portant sur plus de 21 000 stations italiennes, chaque ville de notre jeu de données dépasse désormais les 2,00 €/L pour le diesel.

Pourquoi le prix de l'essence a-t-il à peine bougé en Italie ?

La Benzina n'a augmenté que de 2,3 % sur la même période. La réduction de 0,25 €/L des accises le 19 mars a été proportionnellement plus efficace sur le prix de base plus bas de l'essence, et le raffinage de l'essence offre davantage de flexibilité régionale que le diesel, plus directement exposé aux perturbations d'Ormuz.

Quelles villes italiennes ont le diesel le plus cher ?

Au 4 avril 2026, Gorgonzola et Seregno (toutes deux proches de Milan) figurent en tête à 2,195 €/L. Parmi les grandes villes, Milan affiche une moyenne de 2,148 €/L. Utilisez la carte des prix en direct de Fuelconomy pour comparer les stations de votre secteur avant de faire le plein.

Le GPL est-il une bonne alternative pendant la crise des carburants ?

Le GPL n'a augmenté que de 7,8 %, à 0,749 €/L, restant bien en dessous de 1,00 €. Un plein de 50 L coûte environ 37,45 € contre plus de 105 € pour le diesel. Même en tenant compte de la surconsommation du GPL au kilomètre, les conducteurs peuvent économiser environ 50 € par plein équivalent. Environ 4 500 stations italiennes proposent le GPL.

Combien de temps durera la baisse des accises en Italie ?

La réduction initiale de 20 jours (19 mars – 7 avril) a été prolongée jusqu'au 1er mai 2026. L'extension coûte environ 500 millions d'euros. Le gouvernement a prévenu que de nouvelles prolongations dépendent de la situation géopolitique et de la marge budgétaire disponible.

Combien le diesel coûte-t-il de plus par mois actuellement ?

D'après les données du snapshot Fuelconomy, un conducteur faisant le plein d'un réservoir de 50 L deux fois par semaine paie environ 112 €/mois de plus qu'avant le 5 mars. Soit environ 1 340 €/an si les prix restent aux niveaux du 4 avril.

Le diesel premium a-t-il moins augmenté que le diesel classique ?

Cela dépend de la marque. Le Blue Diesel (+9,9 %) et le HVOlution (+10,7 %) ont mieux absorbé le choc que le Gasolio standard (+15,3 %). En revanche, le Supreme Diesel (+15,4 %) a suivi le diesel classique presque à l'identique, sans aucune protection tarifaire.

Où en sont les prix aujourd'hui ?

Les données du snapshot ci-dessus couvrent une fenêtre fixe de 30 jours. Les prix des carburants continuent d'évoluer. Voici la situation actuelle en Italie, d'après le jeu de données en direct de Fuelconomy couvrant {[STATION_COUNT_italy]} stations italiennes :

Le Gasolio affiche actuellement une moyenne de {[PRICE_AVG_italy_gasolio]}/L, avec un écart de {[PRICE_SPREAD_italy_gasolio]}/L entre la station la moins chère et la plus chère. La Benzina est en moyenne à {[PRICE_AVG_italy_benzina]}/L. Le GPL se situe à {[PRICE_AVG_italy_gpl]}/L. (Données en direct)

Comparez les prix en direct sur {[STATION_COUNT_italy]} stations italiennes sur Fuelconomy et trouvez la station la moins chère près de chez vous – que vous fassiez le plein à Rome, Milan, Naples ou n'importe où entre les deux.

Sources